Terrasse & aménagement extérieur

Garde-corps de terrasse en bois : poteaux, fixation et remplissage

Par Erwan Le Guen8 octobre 202613 min de lecture

Garde-corps en bois sur une terrasse surélevée

Une terrasse surélevée offre une vue dégagée sur le jardin, et elle expose à un risque qu’une terrasse au ras du sol n’a pas : la chute. Dès que le plancher s’élève, la question du garde-corps se pose. On le choisit souvent sur catalogue, pour son aspect, en pensant que tous les modèles se valent du moment qu’ils sont solides en magasin. C’est oublier qu’un garde-corps ne tient pas par lui-même. Il tient par la façon dont il est fixé. Chez Ouest Wood Habitat, on a vu des garde-corps superbes, dans des bois nobles, qui pliaient sous la main parce que leurs poteaux étaient vissés au mauvais endroit. Un garde-corps de terrasse se juge d’abord à ses poteaux, et à ce qui les retient.

Quand une terrasse demande un garde-corps

Toutes les terrasses n’ont pas besoin d’un garde-corps. Une terrasse posée presque au niveau du jardin n’expose à aucune chute sérieuse, et un garde-corps y serait superflu. Dès que la terrasse s’élève, en revanche, il devient nécessaire.

La règle qui s’applique dépend de la hauteur de chute, c’est-à-dire de la différence de niveau entre le plancher de la terrasse et le sol en contrebas. Elle dépend aussi de l’usage du lieu. Ces exigences se lisent dans les textes de référence sur les garde-corps, qui fixent à la fois quand un garde-corps est requis et quelles caractéristiques il doit avoir. On s’y reporte avant de concevoir l’ouvrage, plutôt que de se fier à une estimation.

Au-delà de la règle, l’usage commande souvent davantage. Une terrasse fréquentée par de jeunes enfants, une terrasse où l’on reçoit souvent, une terrasse qui borde un talus ou un muret appellent un garde-corps même lorsque la hauteur est modeste. Le bon sens complète la règle.

La présence d’enfants change aussi la conception. Un garde-corps destiné à protéger des enfants doit être difficile à escalader et ne pas laisser d’espace par lequel un enfant pourrait passer. Ces deux exigences orientent fortement le choix du remplissage, comme on le verra.

Enfin, pensez au garde-corps dès la conception de la terrasse. Sa fixation dépend de la structure, et il est beaucoup plus simple de prévoir les points d’ancrage avant de poser les lames que de les ajouter après coup.

Le poteau, pièce maîtresse

Un garde-corps se compose de poteaux, d’une main courante en partie haute et d’un remplissage entre les poteaux. De ces trois éléments, le poteau est le plus important. C’est lui qui reprend l’effort quand quelqu’un s’appuie ou tombe contre le garde-corps, et qui le transmet à la structure de la terrasse.

Le poteau travaille comme un levier. Une poussée exercée en haut, au niveau de la main courante, crée un effort considérable à sa base, là où il est fixé. Plus le poteau est haut et plus la poussée est forte, plus cet effort à la base est important. C’est pourquoi la fixation compte tant.

La section du poteau doit être suffisante pour résister à cet effort sans plier. Un poteau trop fin fléchit sous la main, même s’il est bien fixé. On choisit une section robuste, adaptée à la hauteur et à l’écartement des poteaux.

L’essence du poteau doit être durable. Il est exposé aux intempéries sur toute sa hauteur, et sa base, proche du plancher, reçoit l’eau qui ruisselle. On choisit une essence naturellement résistante ou un bois traité pour l’extérieur, au moins aussi durable que la structure de la terrasse.

La tête du poteau est un point sensible. Le bois de bout, tourné vers le ciel, reçoit la pluie directement et l’absorbe. Un poteau dont la tête n’est pas protégée pourrit par le haut. On coupe la tête en pointe ou en biseau pour que l’eau s’écoule, ou on la coiffe d’un chapeau de poteau, en bois ou en métal, qui la protège.

L’écartement des poteaux se décide en fonction du remplissage et de la main courante. Des poteaux trop espacés laissent la main courante fléchir et affaiblissent l’ensemble. On les rapproche suffisamment pour que chaque travée reste rigide.

Où fixer les poteaux

C’est la question qui décide de tout. Un poteau fixé au mauvais endroit cède, quelle que soit sa qualité. Le principe est simple : on fixe toujours les poteaux sur la structure de la terrasse, jamais sur les lames.

Les lames du plancher ne sont pas conçues pour reprendre l’effort d’un poteau. Elles sont fixées sur les lambourdes par quelques vis, et elles s’arracheraient ou se fendraient sous la poussée transmise par un poteau. Un poteau vissé sur une lame donne une illusion de solidité qui disparaît au premier appui sérieux.

La première méthode consiste à fixer le poteau en applique contre la poutre de rive de la terrasse. Le poteau descend le long de la face extérieure de la structure, et on le boulonne à travers la poutre. Cette fixation traversante, par des boulons qui traversent à la fois le poteau et la poutre, est l’une des plus solides. Le poteau prend appui sur toute la hauteur de la poutre, ce qui répartit l’effort.

La deuxième méthode fait traverser le plancher au poteau, qui descend jusqu’à la structure ou jusqu’au sol. On découpe les lames autour du poteau, et on le fixe sur les lambourdes ou sur la poutre de rive. Le poteau peut même prolonger un poteau porteur de la terrasse, ce qui donne un ensemble très rigide.

La troisième utilise une platine métallique, fixée sur la structure, sur laquelle on fixe le poteau. Cette solution convient bien aux terrasses posées sur une dalle ou aux structures où la fixation latérale est difficile. La platine doit être ancrée dans la structure porteuse, et non dans les lames.

Les angles de la terrasse sont des points particuliers. À chaque changement de direction, le garde-corps doit être tenu par un poteau d’angle, solidement fixé, sur lequel les deux travées viennent s’appuyer. Un angle sans poteau, où deux mains courantes se rejoignent en l’air, est un point faible qui finit toujours par prendre du jeu.

Le raccord contre la façade obéit à la même logique. Quand le garde-corps vient s’arrêter contre le mur de la maison, on termine la travée par un poteau fixé sur la structure, et non par une main courante vissée directement dans l’enduit. La façade n’est pas faite pour reprendre cet effort, et une fixation dans un enduit ou un isolant extérieur ne tient pas.

Quelle que soit la méthode, on soigne les fixations. On utilise des boulons ou des tirefonds de section suffisante, en matériau résistant à la corrosion, et on renforce si besoin la structure à l’endroit des poteaux par des cales ou des entretoises. Un poteau qui bouge à sa base est un poteau mal fixé.

La main courante qui relie les poteaux

La main courante court en haut du garde-corps, d’un poteau à l’autre. Elle relie les poteaux entre eux, rigidifie l’ensemble et offre une prise pour la main.

Elle doit être continue. Une main courante interrompue entre les poteaux affaiblit le garde-corps et offre une prise discontinue. On l’assemble solidement à chaque poteau, par-dessus ou contre leur face, de manière à ce qu’elle ne puisse pas se désolidariser.

Sa face supérieure mérite une attention particulière. Une main courante plate retient l’eau de pluie, qui stagne, pénètre le bois et le fait fendre et pourrir. On incline légèrement sa face supérieure, ou on lui donne un profil arrondi, pour que l’eau s’écoule.

Son confort compte aussi. Une main courante doit être agréable à saisir, sans écharde ni arête vive. On arrondit ses angles, et on la ponce pour éviter les échardes, surtout si elle est fréquemment touchée.

La main courante peut aussi servir de petit plateau, pour poser un verre ou une plante. Dans ce cas, on la choisit plus large, mais on garde toujours la pente qui évacue l’eau. Une main courante large et plate devient vite un réceptacle d’eau stagnante.

Le remplissage

Entre les poteaux, sous la main courante, se trouve le remplissage. C’est lui qui empêche de passer à travers le garde-corps. Plusieurs solutions existent, avec des aspects et des niveaux de sécurité différents.

Les barreaux verticaux sont la solution classique. Des montants fins, régulièrement espacés, relient une lisse basse à la main courante. Les barreaux verticaux sont difficiles à escalader, parce qu’ils n’offrent pas de prise pour le pied. Leur espacement doit être assez réduit pour qu’un enfant ne puisse pas passer entre eux.

Les lisses horizontales donnent un aspect plus contemporain. Des planches ou des tubes courent à l’horizontale entre les poteaux. Leur inconvénient majeur est de former une échelle : un enfant peut poser le pied sur une lisse et grimper. Pour une terrasse fréquentée par des enfants, on évite ce type de remplissage, ou on le double d’un dispositif qui empêche l’escalade.

Les câbles tendus en inox offrent une transparence appréciée, qui préserve la vue. Ils doivent être fortement tendus et maintenus par des poteaux très rigides, puisque la tension des câbles exerce un effort permanent sur les poteaux d’extrémité. Posés à l’horizontale, ils présentent le même risque d’escalade que les lisses.

Les panneaux pleins ou ajourés, en bois, en verre ou en métal, ferment entièrement le garde-corps. Ils protègent du vent et du regard, et ils ne laissent aucun passage. Un panneau plein prend toutefois davantage le vent, ce qui augmente l’effort sur les poteaux.

Le remplissage se fixe lui aussi avec soin. Des barreaux simplement cloués en bout se desserrent avec le temps, et un barreau qui tombe ouvre un passage. On les assemble dans des lisses entaillées ou on les visse solidement, et on vérifie qu’aucun ne peut être arraché à la main.

Le choix du remplissage se fait donc selon l’aspect recherché, l’exposition au vent et la présence d’enfants. Dans tous les cas, l’espacement des éléments et la hauteur de la lisse basse par rapport au plancher sont encadrés par les textes de référence.

L’entretien d’un garde-corps extérieur

Un garde-corps en bois vit dehors, et il demande un entretien régulier pour rester sûr et beau.

Les têtes de poteaux sont à surveiller en priorité. Si elles ne sont pas protégées, elles absorbent l’eau et commencent à se fendre et à pourrir. On vérifie l’état des chapeaux de poteaux et on les remplace s’ils sont abîmés.

Les fixations doivent être resserrées de temps à autre. Le bois travaille avec l’humidité et la température. En se rétractant, il desserre les boulons et les vis. Un garde-corps qui commence à prendre du jeu doit être resserré avant que le jeu ne s’aggrave et n’endommage les assemblages.

Le bois lui-même s’entretient comme celui de la terrasse. On le nettoie des mousses et des salissures, et on renouvelle sa finition si on a choisi un bois huilé ou lasuré. Un bois laissé brut grisera, ce qui est sans conséquence sur sa solidité tant qu’il reste sain.

La continuité avec l’escalier mérite un regard particulier. Si la terrasse est desservie par un escalier, sa main courante prolonge souvent le garde-corps. On vérifie que la jonction entre les deux reste solide et sans arête, comme on le décrit pour l’escalier de terrasse en bois.

Les signes qu’il faut le reprendre

Un garde-corps ne prévient pas toujours avant de céder. Certains signes doivent pourtant alerter, et conduire à une vérification sans attendre.

Un poteau qui bouge à sa base est le signal le plus grave. Si l’on peut faire osciller un poteau en le poussant à la main, sa fixation est défaillante. Il faut resserrer, renforcer ou refaire la fixation avant de laisser quiconque s’appuyer sur le garde-corps.

Un bois mou en pied de poteau signale une pourriture. On enfonce la pointe d’un tournevis à la base du poteau : un bois sain résiste, un bois pourri cède. Un poteau pourri à sa base a perdu l’essentiel de sa résistance, même s’il paraît sain en surface.

Des fixations rouillées, des têtes de vis qui s’effritent, des boulons dont l’écrou ne tient plus signalent une corrosion qui a affaibli l’assemblage. On les remplace par des fixations résistant à l’extérieur.

Une main courante fendue, une lisse décollée ou un barreau manquant compromettent aussi la sécurité. Un garde-corps n’est sûr que s’il est complet. Pour d’autres questions sur l’aménagement de la terrasse, voyez la rubrique consacrée à la terrasse bois.

Questions fréquentes

Peut-on fixer un garde-corps sur les lames de la terrasse ?

Non. Les lames ne sont pas faites pour reprendre l’effort d’un poteau, qui agit comme un levier. Elles s’arracheraient ou se fendraient sous la poussée. On fixe toujours les poteaux sur la structure porteuse, poutre de rive ou lambourdes, en applique, traversants ou sur platine.

Quel remplissage choisir avec de jeunes enfants ?

Les barreaux verticaux, rapprochés, sont la solution la plus sûre, parce qu’ils n’offrent pas de prise pour grimper et ne laissent pas d’espace pour passer. Les lisses horizontales et les câbles horizontaux forment une échelle et sont à éviter, ou à doubler d’un dispositif anti-escalade.

Faut-il protéger la tête des poteaux ?

Oui. Le bois de bout, tourné vers le ciel, absorbe la pluie et pourrit par le haut. On coupe la tête en pointe ou en biseau pour que l’eau s’écoule, ou on la coiffe d’un chapeau de poteau. C’est un geste simple qui prolonge nettement la vie du garde-corps.

Un garde-corps en bois est-il aussi sûr qu’un garde-corps métallique ?

Oui, s’il est bien conçu et bien fixé. La sécurité dépend de la section des poteaux, de leur fixation sur la structure et de la qualité du remplissage, bien plus que du matériau. Un garde-corps en bois demande en revanche un entretien plus suivi, pour surveiller les têtes de poteaux et resserrer les fixations.