Terrasse & aménagement extérieur

Poser un abri de jardin sans dalle béton : les solutions

Par Erwan Le Guen27 octobre 202613 min de lecture

Cadre de plancher d'abri de jardin posé sur des plots en béton

Couler une dalle en béton pour un abri de jardin est la solution qu’on propose par réflexe, et c’est souvent la plus lourde : coffrage, ferraillage, livraison de béton ou heures de bétonnière, puis une surface qu’on ne pourra plus jamais retirer du jardin. Pour un abri en bois, ce n’est pourtant presque jamais nécessaire. Ce qu’il faut, c’est un support qui porte l’abri, le met de niveau, garde le bois au sec et le retient quand le vent souffle. Plusieurs solutions le font sans dalle. Chez Ouest Wood Habitat, nous posons la plupart de nos abris et petites constructions de jardin sur l’une d’elles. Voici les cinq supports les plus utilisés, ce que chacun demande au terrain, et l’ancrage que presque tout le monde oublie.

Ce qu’une fondation doit faire pour un abri

Avant de comparer les solutions, il faut savoir ce qu’on attend d’elles. Une fondation d’abri de jardin a quatre rôles.

Le premier est de porter. L’abri pèse son poids, auquel s’ajoutent ce qu’on y range, parfois une tondeuse autoportée ou un établi chargé, et la neige sur le toit. Ce poids doit être transmis à un sol capable de le supporter sans s’enfoncer de façon inégale.

Le deuxième est de mettre de niveau. Un abri en bois en kit est conçu pour être monté sur une base plane et d’équerre. S’il est posé de travers, les panneaux ne s’emboîtent pas, la porte frotte, et la structure travaille de façon anormale. La moindre erreur de niveau à la base se retrouve, amplifiée, dans le haut de l’abri.

Le troisième est de garder le bois au sec. C’est le point le plus important pour la durée de vie de l’abri. Un plancher en bois posé à même la terre ou sur une surface où l’eau stagne pourrit en quelques saisons. Le support doit décoller le bois du sol et laisser l’air circuler dessous.

Le quatrième est d’ancrer. Un abri de jardin est léger par rapport à sa surface au vent. Une tempête peut le déplacer, le soulever ou le renverser s’il est simplement posé. La fondation doit offrir un point de fixation.

Une dalle en béton remplit ces quatre rôles, mais elle n’est qu’une façon de le faire, et pas la plus favorable au bois : une dalle plane retient l’eau sous le plancher si elle n’est pas en pente, et elle ne laisse pas l’air circuler. Les solutions qui suivent sont souvent meilleures pour un abri en bois.

Les plots en béton sous un cadre de solives

C’est la solution la plus classique et la plus polyvalente. Au lieu d’une dalle continue, on pose des plots en béton ponctuels, sur lesquels repose un cadre en bois qui porte le plancher de l’abri.

Les plots peuvent être préfabriqués, achetés tout faits, ou coulés sur place dans des trous creusés à la tarière ou à la bêche. Les plots coulés dans un trou descendant jusqu’au sol ferme, hors gel, sont les plus stables. Les plots préfabriqués simplement posés sur un lit de gravier compacté conviennent aux petits abris sur un sol stable.

Le cadre est un ensemble de solives ou de lambourdes en bois traité pour le contact avec l’humidité, assemblées en rectangle, avec des solives intermédiaires selon la portée du plancher. Il repose sur les plots, éventuellement avec une bande d’étanchéité ou une cale qui coupe la remontée d’humidité du béton vers le bois.

Le nombre de plots dépend de la taille de l’abri et de la portée des solives : il y en a au moins un à chaque angle, et d’autres le long des côtés et au centre. Le fabricant de l’abri donne souvent un plan d’implantation. Sinon, la règle est de ne jamais laisser une solive porter sur une grande longueur sans appui.

Les avantages de cette solution sont nombreux : peu de béton, un vide ventilé sous le plancher, un cadre qui se règle au millimètre, et une démolition facile si l’on déplace l’abri un jour. Sa limite est le terrassement des trous, qui demande un peu d’huile de coude.

Les plots réglables

Les plots réglables sont des supports en plastique ou en métal dont la hauteur s’ajuste par une vis. On les connaît surtout sous les terrasses en bois, mais ils conviennent aussi aux abris de jardin légers.

Leur grand intérêt est de rattraper une pente ou des irrégularités du terrain sans terrassement important. On les pose sur une surface stable, chacun réglé à la hauteur voulue, puis on pose le cadre de solives dessus. La mise à niveau se fait plot par plot, au niveau laser ou au niveau à bulle sur une règle.

Leur limite est le sol sur lequel ils reposent. Un plot réglable ne s’enfonce pas dans la terre : il répartit la charge sur sa base. Posé sur une terre meuble ou un gazon, il s’enfonce de façon inégale et l’abri se met de travers. Il faut donc le poser sur une dalle de répartition, un pavé, ou un lit de gravier compacté. Sur un sol argileux qui gonfle et se rétracte, la solution est moins fiable.

Le principe est exactement celui d’une terrasse sur plots. Pour le détail de ce type de support, voyez notre article sur le principe des plots sous une ossature de terrasse : la logique de répartition et de réglage est la même.

Les pieux vissés

Le pieu vissé est une tige métallique galvanisée terminée par une hélice, qu’on visse dans le sol comme une vis géante. Sa tête reçoit une platine sur laquelle se fixe le cadre de l’abri.

C’est la solution la plus rapide : pas de terrassement, pas de béton, pas de temps de séchage. Les pieux se posent à la main avec une barre de vissage pour les petits modèles, ou avec une petite machine pour les plus grands. L’abri peut être monté le jour même.

Le pieu vissé a un avantage décisif sur un terrain difficile. Sur une pente, il se visse plus ou moins profondément et rattrape la dénivelée sans maçonnerie. Sur un sol argileux, il va chercher le sol stable en profondeur. Et surtout, c’est la seule solution qui offre un véritable ancrage contre l’arrachement : un pieu bien vissé ne remonte pas quand le vent soulève l’abri.

Ses limites sont le prix des pieux, plus élevé qu’un plot en béton, et la nature du sol : il se visse mal dans un sol très caillouteux ou rocheux. Un essai avec un pieu permet de le vérifier avant d’en commander une série.

Le lit de gravier et les dalles stabilisatrices

Pour un petit abri d’outils, un lit de gravier compacté peut suffire. On décape la terre végétale sur l’emprise de l’abri, un peu plus large que lui, on pose un géotextile qui empêche le gravier de s’enfoncer et les herbes de pousser, puis on étale et on compacte une couche de gravier.

Le gravier draine parfaitement : l’eau ne stagne jamais sous l’abri. On peut y poser directement un cadre de solives sur des cales, ou un abri livré avec son propre plancher et ses lambourdes.

Une variante consiste à utiliser des dalles alvéolaires en plastique, des grilles qu’on remplit de gravier. Elles stabilisent le gravier, l’empêchent de se déplacer, et donnent une surface plus porteuse. Elles sont surtout utiles si l’on veut une surface plane et propre autour de l’abri.

Cette solution a ses limites. Elle convient aux petits abris légers, sur un sol stable et plat. Elle ne donne aucun ancrage contre le vent, qu’il faut prévoir à part. Et elle reste moins précise que des plots pour la mise à niveau.

Implanter, mettre de niveau et d’équerre

Quelle que soit la solution retenue, la pose suit le même déroulé. C’est lui qui fait la différence entre un abri qui se monte en une journée et un abri dont les panneaux refusent de s’emboîter.

On commence par tracer l’emprise au sol. Quatre piquets aux angles, une ficelle tendue entre eux, et l’on vérifie l’équerrage en mesurant les deux diagonales du rectangle : elles doivent être égales. Tant qu’elles ne le sont pas, on déplace un piquet. Cette vérification prend quelques minutes et elle évite l’essentiel des soucis de montage.

On repère ensuite le point haut du terrain. C’est à partir de lui qu’on règle la hauteur de tous les appuis : on ne creuse jamais pour mettre l’abri au niveau du point bas, on rehausse les autres appuis jusqu’au niveau du point haut. Un niveau laser, ou un simple niveau à eau, donne la même référence à tous les angles.

Les appuis se posent alors un par un, d’abord aux quatre angles, puis sur les côtés et au centre. Chacun est réglé à la hauteur de référence, puis vérifié au niveau sur une règle posée d’un appui à l’autre. Le cadre de solives se pose ensuite, et l’on contrôle une dernière fois les diagonales et le niveau avant de le fixer.

Prévoyez enfin une légère garde entre le bas du cadre et le sol fini. L’air doit circuler, et l’eau de pluie qui ruisselle autour de l’abri ne doit jamais atteindre le bois. Si le terrain est en légère pente, une petite tranchée drainante ou une bande de gravier du côté amont écarte l’eau de ruissellement.

Ce n’est qu’une fois le cadre parfaitement plan et d’équerre qu’on monte l’abri lui-même. Un cadre juste rend le montage des panneaux, de la porte et du toit beaucoup plus simple.

Ancrer l’abri contre le vent

C’est le point que presque tous les guides de pose oublient, et celui qui coûte le plus cher quand il est négligé. Un abri de jardin offre une grande surface au vent et pèse peu. Lors d’un coup de vent, il peut glisser, se soulever d’un côté ou se renverser. Les abris posés simplement sur un support, sans fixation, sont ceux que l’on retrouve dans le jardin du voisin après une tempête.

L’ancrage consiste à relier le cadre de l’abri à sa fondation. Selon le support, plusieurs systèmes existent :

  • des équerres métalliques vissées dans le cadre et chevillées dans les plots en béton ;
  • des tiges filetées scellées dans les plots, qui traversent le cadre ;
  • des platines de pieux vissés boulonnées sur les solives ;
  • des kits d’ancrage à câbles ou à sangles, avec des piquets enfoncés dans le sol.

L’ancrage se fait aux angles au minimum, et sur les côtés pour un grand abri. Il faut aussi relier l’abri lui-même à son cadre de plancher, car certains kits sont simplement posés sur leurs lambourdes. Une vérification après le premier hiver permet de resserrer les fixations qui ont travaillé.

Les régions de l’Ouest, exposées aux tempêtes atlantiques, méritent une attention particulière sur ce point. Un abri en limite de jardin, dégagé, face au vent dominant, doit être ancré plus solidement qu’un abri abrité par une maison ou une haie.

Choisir selon son terrain et son abri

Le choix se fait en croisant le terrain et l’abri. Quelques repères permettent de trancher rapidement.

Sur un terrain plat et stable, avec un abri de taille moyenne, les plots en béton sous un cadre de solives sont la solution la plus économique et la plus durable. Sur un terrain en pente, les pieux vissés ou les plots réglables posés sur des pavés évitent un terrassement important. Sur un sol argileux, les pieux vissés vont chercher le bon sol en profondeur. Pour un petit abri d’outils sur un sol stable, un lit de gravier compacté suffit, à condition d’ancrer l’abri.

La taille de l’abri compte aussi. Un grand abri lourd, ou un abri qui accueille une tondeuse autoportée ou un établi, demande des appuis rapprochés et solides. Un abri livré avec son propre plancher et ses lambourdes impose parfois l’emplacement des appuis : on suit alors le plan du fabricant.

Enfin, pensez à l’abord de l’abri. Un seuil à niveau avec le sol pour faire entrer la tondeuse, une petite rampe, ou un pas de porte en gravier font partie du projet de fondation, autant que les plots eux-mêmes. D’autres aménagements du même ordre sont rassemblés dans l’aménagement du jardin en bois.

Questions fréquentes

Peut-on poser un abri de jardin directement sur la terre ?

Non. Un plancher en bois posé sur la terre reste humide en permanence et pourrit rapidement, et l’abri s’enfonce de façon inégale. Il faut au minimum un support qui le décolle du sol et le met de niveau : plots, pieux vissés ou lit de gravier compacté sur un géotextile.

Quelle fondation sans béton pour un abri de jardin ?

Les pieux vissés et les plots réglables posés sur des pavés évitent tout béton. Le lit de gravier compacté, éventuellement stabilisé par des dalles alvéolaires, convient aux petits abris. Les plots préfabriqués posés sur du gravier compacté demandent très peu de béton, voire aucun si on les achète tout faits.

Faut-il fixer un abri de jardin au sol ?

Oui, c’est indispensable dans une région venteuse. Un abri simplement posé peut glisser ou se renverser lors d’une tempête. On le fixe aux angles par des équerres chevillées dans les plots, des tiges filetées, les platines des pieux vissés, ou un kit d’ancrage à câbles.

Un abri sur plots est-il plus durable qu’un abri sur dalle ?

Souvent, oui, pour un abri en bois. Les plots laissent un vide ventilé sous le plancher, qui sèche après chaque pluie, alors qu’une dalle plane peut retenir l’eau sous le bois. À condition que les plots soient bien répartis et que le cadre soit en bois adapté à l’humidité.