Bardage & enveloppe

Habiller un tableau de fenêtre en bardage : retours et bavette

Par Erwan Le Guen6 octobre 202613 min de lecture

Fenêtre dans une façade bardée avec retours de bardage et bavette

Poser des lames de bardage sur un mur plein est presque un plaisir : les lames s’alignent, la façade avance vite, le résultat se voit dès le premier jour. Puis vient la première fenêtre, et le chantier ralentit d’un coup. Comment finir le bardage autour de l’ouverture ? Que faire du tableau, cette épaisseur de mur qui entoure la menuiserie ? Où va l’eau qui ruisselle sur la vitre ? Chez Ouest Wood Habitat, on considère que les fenêtres sont le vrai test d’un bardage. C’est autour d’elles que l’eau trouve son chemin quand la pose est approximative, et c’est là que les infiltrations apparaissent quelques années plus tard, souvent loin de leur point d’entrée.

La fenêtre, point faible d’un bardage

Un bardage bien posé fonctionne comme un système. Les lames arrêtent l’essentiel de la pluie, la lame d’air derrière elles laisse sécher ce qui passe, et le pare-pluie protège le mur. Tant que ce système est continu, il fonctionne. La fenêtre l’interrompt.

À l’endroit de l’ouverture, les lames s’arrêtent, la lame d’air se trouve coupée et le pare-pluie doit contourner la menuiserie. Chacune de ces interruptions est une porte d’entrée possible pour l’eau. La fenêtre elle-même concentre la pluie : l’eau qui tombe sur la vitre ruisselle vers le bas et se rassemble sur l’appui, en quantité bien plus grande que sur le reste de la façade.

La fenêtre est aussi un élément qui bouge. La menuiserie s’ouvre et se ferme, elle se dilate au soleil, et elle doit garder un jeu par rapport au bois qui l’entoure. Un habillage trop serré peut gêner l’ouverture, ou forcer sur les joints au point de les ouvrir.

Enfin, le bardage augmente l’épaisseur de la façade. Une fenêtre qui était au nu du mur se retrouve en retrait, au fond d’un tableau plus profond. Ce retrait change la manière dont l’eau et la lumière arrivent sur la menuiserie, et il faut le traiter comme une partie à part entière du bardage.

Tous ces éléments font de la fenêtre l’endroit où une erreur de pose coûte le plus. Mieux vaut les traiter avec méthode, en suivant le chemin de l’eau du haut vers le bas.

Le pare-pluie autour de l’ouverture

Avant la moindre lame, on traite le pare-pluie. C’est lui qui assure la dernière protection du mur, et son raccord autour de la fenêtre conditionne tout le reste.

La règle fondamentale tient en une phrase : le pare-pluie se pose toujours de façon que l’eau glisse vers l’extérieur et vers le bas, jamais vers le mur. Chaque recouvrement place la partie haute par-dessus la partie basse, exactement comme des tuiles. Un recouvrement inversé guide l’eau derrière le film, droit vers le mur.

Autour de la fenêtre, on retourne le pare-pluie dans le tableau. Au lieu de le couper au ras de l’ouverture, on le fait entrer dans l’épaisseur du mur, jusqu’à la menuiserie. Le tableau se trouve ainsi protégé, et l’eau qui passerait derrière le bardage à cet endroit est renvoyée vers l’extérieur.

Aux angles de l’ouverture, le film forme des plis et des découpes. Ce sont les points les plus délicats. On les traite avec des pièces d’angle préformées ou avec un adhésif adapté au pare-pluie, en respectant toujours le sens de recouvrement. Un angle mal fermé laisse passer l’eau directement vers le mur.

Le raccord avec la menuiserie se fait par une bande d’étanchéité, collée sur le dormant de la fenêtre et recouverte par le pare-pluie ou le recouvrant selon le cas. On choisit des produits compatibles entre eux et prévus pour l’extérieur.

Ce travail est invisible une fois le bardage posé. C’est pourtant lui qui fait qu’une façade reste saine, même si le bardage n’est pas parfaitement étanche. Les principes de pose du pare-pluie sont détaillés dans la lame d’air derrière les lames.

La bavette d’appui

En bas de la fenêtre se trouve l’appui. C’est là que l’eau qui ruisselle sur la vitre se rassemble. Elle doit être rejetée loin de la façade, et non laissée sur le bois.

La bavette d’appui est la pièce qui assure ce rejet. Il s’agit généralement d’une tôle pliée, en aluminium ou en acier laqué, posée sous la menuiserie et qui dépasse en avant du bardage. L’eau tombe sur la bavette, s’écoule le long de sa pente et tombe dans le vide, au-delà du nu des lames.

La bavette doit présenter une pente vers l’extérieur. Une bavette horizontale, ou pire, inclinée vers le mur, retient l’eau ou la renvoie vers la façade. On règle soigneusement cette pente avant de fixer la pièce.

Son débord en avant du bardage est essentiel. Une bavette qui s’arrête au ras des lames laisse l’eau couler sur le bois sous la fenêtre. On reconnaît ce défaut aux traînées sombres qui marquent souvent le bardage sous les fenêtres, signe que l’eau y coule à chaque averse. La bavette doit dépasser suffisamment et se terminer par un larmier, un petit pli tourné vers le bas qui force la goutte à tomber.

Les extrémités de la bavette sont un point souvent oublié. Si elles sont laissées ouvertes, l’eau qui coule le long de la bavette peut s’échapper par les côtés et pénétrer entre le bardage et le tableau. On relève donc les bords latéraux de la bavette, ou on pose des embouts qui ferment ses extrémités.

La couleur de la bavette se choisit aussi. Une bavette assortie à la menuiserie se fait oublier, une bavette assortie au bardage prolonge la façade. Sur un bardage appelé à griser, une teinte gris anthracite ou gris clair vieillit bien avec le bois, alors qu’un blanc éclatant se salit vite et souligne chaque traînée.

Sous la bavette, le pare-pluie remonte et se glisse derrière elle. L’eau qui pourrait passer sous la bavette est ainsi récupérée et renvoyée à l’extérieur, au lieu de rejoindre le mur.

Les retours de bardage dans le tableau

Le tableau est la face intérieure de l’ouverture, entre le nu de la façade et la menuiserie. Avec un bardage, il faut décider comment l’habiller. Trois approches se rencontrent, chacune avec son aspect et ses contraintes.

La première consiste à retourner les lames de bardage dans le tableau. Les lames de la façade s’arrêtent au bord de l’ouverture, et des morceaux de lames habillent le tableau perpendiculairement. Le bois se prolonge jusqu’à la menuiserie, et la façade paraît continue. C’est une finition élégante, mais elle multiplie les coupes et les bois de bout exposés à l’eau.

La deuxième utilise des planches de rive. On encadre l’ouverture de planches plus larges, posées autour de la fenêtre comme un cadre. Les lames de la façade viennent buter contre ces planches. Le tableau est habillé par des planches, ou par des retours de ces mêmes planches. L’aspect est plus marqué, plus traditionnel, et la finition est plus simple à réussir, parce que les lames ne nécessitent qu’une coupe droite contre la planche.

La troisième fait appel à un chambranle ou à un habillage métallique. Un profilé en tôle pliée, de la couleur de la menuiserie ou contrastée, habille tout le tableau. Le bois s’arrête au bord de l’ouverture, et le métal prend le relais jusqu’à la fenêtre. C’est la solution la plus protectrice, parce que le métal ne craint pas l’eau, et elle donne un aspect contemporain.

Le choix dépend autant du style de la maison que de son exposition. Sur une façade très exposée à la pluie battante, la solution métallique ou les planches de rive bien protégées résistent mieux. Sur une façade abritée, les retours de lames donnent un très bel effet.

Quelle que soit l’approche, on veille à ne jamais laisser une coupe de bois de bout tournée vers le ciel. Une coupe exposée boit l’eau et pourrit rapidement. On protège chaque coupe, et on organise la finition pour que l’eau glisse sur les surfaces sans s’arrêter sur les bois de bout.

Le linteau et le haut de la fenêtre

Le haut de l’ouverture est l’endroit où l’eau qui ruisselle sur la façade rencontre la fenêtre. Il doit être traité pour que cette eau passe par-dessus la menuiserie sans s’y infiltrer.

La solution classique est un larmier ou une bavette haute, posée au-dessus de la fenêtre. Cette pièce récupère l’eau qui descend le long du bardage et la rejette en avant de la menuiserie. Sans elle, l’eau qui coule derrière les lames arrive directement sur le haut du dormant.

Le haut de la fenêtre pose aussi la question de la lame d’air. Derrière le bardage, l’air circule de bas en haut. Au-dessus d’une fenêtre, cette circulation est interrompue. Si l’on ferme complètement le haut de l’ouverture, l’air qui monte sous la fenêtre ne trouve plus de sortie, et l’humidité stagne. On aménage donc une sortie d’air au-dessus de la fenêtre et une entrée d’air sous l’appui, souvent protégées par une grille fine contre les insectes.

Ce détail est souvent négligé, parce qu’il ne se voit pas. Il est pourtant la cause de bien des dégradations : un bardage qui pourrit juste au-dessus d’une fenêtre, alors que le reste de la façade est sain, signale souvent une lame d’air bouchée à cet endroit.

Le linteau lui-même, la pièce qui porte le mur au-dessus de l’ouverture, n’est pas concerné par le bardage. On ne fixe rien qui puisse l’affaiblir, et on fixe les tasseaux dans la maçonnerie environnante en suivant les règles habituelles.

Les jeux à respecter

Une fenêtre doit pouvoir s’ouvrir, et le bois doit pouvoir travailler. Ces deux exigences imposent de laisser des jeux, même quand on cherche une finition parfaitement ajustée.

Entre le bois et la menuiserie, on laisse un petit espace. Le bois gonfle avec l’humidité et se rétracte par temps sec. S’il est serré contre le dormant, il peut pousser sur la menuiserie et la déformer, ou au contraire ouvrir un vide disgracieux en séchant. Un jeu régulier, éventuellement comblé par un joint souple, absorbe ces mouvements.

Ce jeu ne doit pas pour autant devenir un passage pour l’eau. On le protège par la bande d’étanchéité posée sur le dormant, et on veille à ce que l’eau qui pourrait y pénétrer soit récupérée et évacuée vers l’extérieur.

Pour les ouvrants, on vérifie que l’habillage ne gêne pas leur mouvement. Un volet, un store ou un battant qui s’ouvre vers l’extérieur doit garder sa course libre. On présente l’habillage, on ouvre et on ferme la fenêtre, et on ajuste avant de fixer définitivement.

Les jeux concernent aussi les lames de bardage elles-mêmes au voisinage de l’ouverture. Leurs abouts, contre une planche de rive ou un profilé, gardent un léger espace qui leur permet de se dilater sans se déformer.

Les erreurs vues sur chantier

Les mêmes erreurs reviennent sur les façades bardées que l’on reprend. Les connaître permet de les éviter.

La plus fréquente consiste à tout confier au joint silicone. On pose le bardage au ras de la fenêtre et on remplit l’espace avec un mastic, en pensant avoir réglé la question de l’étanchéité. Le silicone vieillit, se décolle et se fissure en quelques années. Il ne remplace ni la bavette, ni le pare-pluie retourné, ni le larmier. Il ne doit jamais être la seule barrière contre l’eau.

La deuxième erreur est l’absence de bavette, ou une bavette trop courte. L’eau de la vitre coule alors directement sur le bardage sous la fenêtre, qui se tache, noircit et finit par pourrir. Les traînées verticales sous les fenêtres trahissent presque toujours ce défaut.

La troisième est la lame d’air bouchée autour de l’ouverture. Pour obtenir une finition propre, on ferme tout, en haut et en bas, sans penser à la circulation de l’air. L’humidité reste piégée derrière les lames, qui pourrissent par leur face cachée.

La quatrième est la coupe exposée, laissée brute et tournée vers le ciel, sur un retour de lame ou un angle de planche de rive. C’est un point d’entrée direct pour l’eau dans le bois.

Ces quatre erreurs ont un point commun : elles privilégient l’aspect immédiat à la circulation de l’eau et de l’air. Une fenêtre bien habillée accepte que l’eau arrive, et lui organise un chemin de sortie. D’autres conseils sur la protection de la façade se trouvent dans nos pages sur l’enveloppe de la maison.

Questions fréquentes

Faut-il déposer la fenêtre pour poser un bardage autour ?

Pas nécessairement. Si la fenêtre est en bon état et bien étanche, on peut l’habiller sans la déposer. On raccorde le pare-pluie au dormant par une bande d’étanchéité, on pose la bavette sous l’appui et on habille le tableau. Si la menuiserie est ancienne ou fuit, c’est en revanche l’occasion de la remplacer avant de barder.

La bavette doit-elle être en métal ?

Le métal est le matériau le plus courant et le plus durable pour une bavette, parce qu’il ne craint pas l’eau et se plie facilement avec une pente et un larmier. Une bavette en bois est possible, mais elle exige une essence très durable, une pente marquée et un entretien suivi. Sur une façade exposée, le métal reste plus sûr.

Comment éviter les traînées noires sous les fenêtres ?

On pose une bavette qui dépasse franchement du nu du bardage et qui se termine par un larmier, pour que l’eau tombe dans le vide au lieu de couler sur le bois. On ferme aussi les extrémités de la bavette. Les traînées existantes se nettoient, mais elles reviendront tant que la bavette ne rejette pas l’eau.

Peut-on habiller le tableau en bois sur une façade très exposée ?

Oui, mais avec plus de précautions : planches de rive larges et bien protégées, coupes systématiquement traitées, aucune surface horizontale où l’eau stagne. Sur une façade frappée de plein fouet par la pluie, un habillage métallique du tableau est souvent plus durable, et il se marie bien avec un bardage bois.